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preface de
M.Tamura pour
le livre "AIKIDO techniques d'armes"
de jp Moine,l Bouchareu, r Bonnardel,f Cast
et A diehly
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PREFACE
Quand j'étais petit, les filles jouaient à la dînette et les
garçons au samouraï. Dans les deux cas on utilise des lames.
Le premier est une utilisation pacifique qui consiste à
découper des légumes pour faire la cuisine, le second est
une utilisation violente qui vise à tuer des gens.
Il y a, entre ces deux utilisations d'une lame, la même
différence qu'entre le Ciel et la Terre. Nous agitions avec
conviction nos sabres de bois et bavions d'envie devant les
sabres de bois, souvenirs vendus sur le parvis des
sanctuaires Shintô, dont la lame se glissait dans un
fourreau comme la lame des vrais sabres.
Lorsque, ayant un peu grandi, nous avons eu le droit
d'utiliser un couteau pour tailler nos crayons et couper des
cannes à pêche en bambou, nous étions fiers de nos couteaux
de poche, quelques uns possédaient même des couteaux de
chasse que nos parents ne nous achetaient pas.
Parvenus à l'âge adulte, les garçons ne veulent-ils pas tous
s'acheter des couteaux, parfois des sabres et même des
fusils... C'est aussi l'âge où l'on s'intéresse à l'escrime,
au kendo, au tir... Chez la majorité des pratiquants
européens de l'aikido, on trouve la même attirance pour le
ken et le jo.
Lorsque j'ai commencé à pratiquer à l'ancien Aikikai Hombu
Dojo, il y avait un râtelier d'armes (katanakake) débordant
de bokken,
jo, lances, baïonnettes, etc...
Il y avait, parmi les pratiquants, des professeurs de
judo, karaté,
kendo, baïonnette,
iâi,
naginata, etc... Nous avions
l'occasion de leur demander de nous enseigner leur art en dehors des
heures régulières de cours ou de nous entraîner à notre gré. Certains
d'entre nous étudiaient également dans des dojos le ici, la boxe... et
tous essayaient d'intégrer ce qu'ils pouvaient apprendre à leur pratique
de l'aikido.
J'ai eu souvent l'occasion d'être uchi dachi pour O Sensei mais pas une
fois il ne m'a enseigné ce qu'il fallait faire. Il se contentait de
montrer un mouvement sur l'inspiration du moment comme il est facile de
le voir sur les vidéos aujourd'hui disponibles.
Il expliquait parfois: ceci est "Sho chiku bai no ken"
SHO: matsu: le pin
CHIKU: take: le bambou
BAI: ume: le prunier
Mais il faut bien dire que cela n'était pas très éclairant pour nous...
Je suis arrivé, aujourd'hui, à la conclusion qu'il ne nous enseignait
pas une forme (kata) mais plutôt qu'il cherchait à nous transmettre le
sentiment juste du mouvement ou, peut-être, l'utilisation et le travail
du ki.
Vous connaissez tous le duel à mort entre Myamoto Musashi et Sasaki
Kojiro. La différence entre Shidachi et Uchidachi est du même ordre que
celle qui existait entre Sasaki Kojiro et son Maître. `
Celui-ci utilisait un sabre court et Sasaki Kojiro, qui était uchidachi
et utilisait une lame très longue baptisée "perche à linge", avait
inventé une botte secrète nommée "tsubame gaeshi" (le retournement de
l'hirondelle) qui permettait, dit¬on, de couper une hirondelle en vol.
C'est en étant uchidachi qu'il développa son propre style et devint
célèbre.
Vous avez certainement connu beaucoup d'insatisfactions en étudiant avec
moi qui ai toujours tenu le rôle d'uchidachi sans pouvoir le dépasser.
Mais je suis heureux de voir que vous avez néanmoins publié cet ouvrage
qui montre que vous avez beaucoup travaillé et j'espère qu'il sera pour
vous tous un départ plutôt qu'un aboutissement.
Quant à ceux qui prennent ce livre en mains, je souhaite qu'il vous aide
à monter la première marche vers votre propre pratique du sabre.
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